Dans la nuit, le monde de la nuit...ces paroles, hautement philosophiques, sont extraites du dernier single d'Amanda Lear "la belle et la bête". Deux fois le mot nuit pour une vidéo qui la montre haletante et désorientée dans les couloirs d'un hôtel de luxe, le brushing soigneusement souillé et les lunettes forcément fumées. La nuit fascine Amanda. D'ailleurs, la nuit fascine beaucoup de monde. Lorsqu'elle tombe, nous hésitons entre repos et excitation. La nuit est un passage vers d'autres vies. Artificielles, oniriques ou terriblement réelles. Nous laissons notre costume de jour vide et fripé à l'entrée de nos appartements pour en revêtir un plus lumineux, confortable ou plus sombre. Occasionnellement, les trois à la fois. La nuit est étanche, compartimentée. Elle peut-être douce, torride, effrayante. Un cocktail sous les sunlights avec des amis peut se terminer en rouleau de printemps dans la couette. Un demi sommeil avachi sur le canapé devant Joséphine ange gardien peut finir dans les limbes d'un sous-sol urbain peu recommandable. Ce noir cosmique habille les campagnes et les cités d'une poudre sombre et argentée, rendant possible tous les sommeils, toutes les excentricités, toutes les perversions. Un beat disco s'échappe d'une ruelle, le cri étrange d'un animal résonne dans un parc, les dangers avancent sans bruit, tapis dans la pénombre. Le ronflement d'un voisin peut vous faire perdre la tête, le silence absolu d'une ferme dans les Cévennes vous terrifier. La seule chose qui finalement nous fait appréhender et apprécier la nuit sans crainte, c'est qu'elle se termine toujours par le retour de la lumière. Indispensablement vital. Le petit matin blafard et métallique, celui qui chasse les idées noires et l'esprit maléfique, la lampe de chevet brutale, l'allumette craquée dans la grotte. Je ne sais pas si Amanda a vu la lumière. La nuit lui va si bien.
Cééééé
Le blog de Cédric-Joseph Baron
vendredi 17 février 2012
jeudi 26 janvier 2012
Les grues
Partout ou je vais je vois des grues, des chantiers poussiéreux et bruyants, des hommes en bleus de travail. Part-Dieu, La Buire, Cours La Fayette et je ne parle pas du lieu pompeusement nommé Confluence! Je pensais naïvement que l'économie était en crise mais j'ai vraiment l'impression de m'être fait baladé sur ce sujet. Pendant ce temps on bétonne, on défigure, on rase gratis. On fait même disparaitre les Tours, la vielle dame de l'UAP est bien placée pour le savoir. Lyon est un chantier à ciel ouvert mais certainement moins que Londres ou Marseille. L'immobilier est l'avenir, la révolution sexuelle du XXI ème siècle! Et la planète, un invraisemblable terrain à Bâtir. L'année commence et le chantier est immense. Pharaonique penserait certainement Mitterrand. Tout est à refaire nous dit-on. Après avoir très largement inspecté mes propres fondations cet été, c'est comme si la fièvre immobilière s'emparait à nouveau de moi, un vaudou de béton et d'acier qui me donnerait envie de grimper en robe de soirée et escarpins au sommet de la Tour Part-Dieu, telle Jessica Lange dans King Kong 1975. Mais je ne suis pas dupe. Ma bulle immobilière a explosé, définitivement. Je me suis longtemps laissé aller à spéculer, j'ai trop souvent bâti en zone inconstructible et bien failli me désintégrer dans un feux d'artifice de de verre et de poussière. Des années à colmater des fissures sans vraiment les reboucher, construire sans vraiment me préoccuper de l'état du terrain. Coulées de béton, tsunamis de mortier, préfabriqués foireux et maitres d'oeuvre non respectueux des plans, tel était mon quotidien. Je ne suis pas encore tout à fait prêt pour la démolition et tout reconstruire n'a pas plus de sens que partir en vacances à Miami sans son maillot AussieBum. Et puis, le béton m'emmerde. L'illusion du solide me fait autant d'effet qu'un journal de 13 heures présenté par Jean-Pierre Pernault. Tous ces chantiers ne servent à rien si ce n'est flatter des égo flétris et des esprits repoussants. En 2012, je ne lance aucun chantier si ce n'est celui de prendre soin de l'existant. Une touche de glamour par ci, un peu de brillant par là. Comme ces grues sur le chantier de La Buire qu'on a délicatement décorées de néons disco. Arrêtons le travail et sortons les boules à facettes! Je suis plus que jamais décidé à laisser faire le grand Monopoly de la vie, en musique. Quand j'étais adolescent, ma grand-mère avait montré une photo de moi à sa médium préférée. Celle-ci, voyant l'image de jeune homme aux cheveux crantés et aux grands yeux ouverts que j'étais ne fit aucun commentaire ni aucune prédiction particulière. Elle parti dans un grand éclat de rire guttural et joyeux puis garda le silence. Peut-être m'a-t'elle imaginé, à cet instant, grimpant en talons aiguilles dorés et en robe de soie blanche, m'agrippant avec grâce aux parois lisses et éclatantes de la Tour Part-Dieu ou aux grues illuminées de l'avenue Lacassagne...
jeudi 29 décembre 2011
365 jours en ballon
lundi 12 décembre 2011
Ma vie en talons
mercredi 30 novembre 2011
Claude Pompidou et les monstres de métal
Paris, samedi 26 novembre, dix heures trente du matin. La nuit a été courte mais enrichissante. Enfin je ne sais pas si c'est le terme vraiment approprié pour une escapade nocturne imprévue à la station Picpus. Je retrouve les garçons métro Corvisart. Mon Iphone ne répond plus et j'ai des pattes de crabe à la place des mains. Jimmy râle à cause de mon retard. David a un sourire plein de sous-entendus. Lâchés sous le métro aérien, on a l'air malins avec nos mines blafardes. Nous avons des affaires à faire. Une sorte de purification de groupe. Passage dans une boulangerie, je m'enfile un éclair au chocolat en un quart de seconde. La nuit à Picpus ça creuse. Direction Aubervilliers, Centre commercial du millénaire. Métro Porte de la Villette. Le quartier est en chantier. Nous retrouvons Jérémy et nous mettons en route. Nous enjambons les rails du futur tramway. Vite, il faut prendre la navette fluviale. Pour une fois qu'on peut profiter de l'eau à Paris! Et nous voilà tous les quatre, mi-réveillés, mi-excités et encore morts de rire de la soirée de la veille. Les garçons se sont mis en tête de m'acheter des tatanes pour mes 40 ans. Je m'attends au pire. Nous débarquons. Le centre est magnifique, oeuvre du célèbre architecte Antoine Grumbach. Clairement, ça donne envie de virevolter au bord de l'eau, de déjeuner sur l'herbe à l'ombre de ses anciens entrepôts industriels réhabilités. H&M, Zara, Jenyfer, WE et j'en passe. Mes promises trônent sur un rayonnage de chez Bershka. Mais il n'y a pas ma taille, 41-42 pour des talons de 13,5 centimètres dorés c'est assez peu demandé, je le conçois. Essayages, pourparlers. Jérémy achète des bretelles en cuir. Jimmy et moi entrons en cabine. Les vendeuses sont pliées. Retour chez Zara. Coup de foudre pour une magnifique imitation de créateur, dessus en vinyl marron glacé, talons serpent, pompon en cuir noir. Le retour du Néo Classique. Ajoutons à celà une robe en lainage blanc structurée façon Courrèges, nous obtenons un style imparable digne d'une Claude Pompidou descendant d'une DS dans la cour de l'Elysée. La journée enchaîne rires et déboires. Les tatanes sont hors budget. La nuit tombe, il est temps de rentrer. David boude, il n'a rien acheté. Je n'ai pas mes tatanes. Nous prenons la navette fluviale en sens inverse et traversons à pieds la Cité des sciences à la nuit tombante. Sur les quais du canal, les mouettes s'envolent autour des vestiges d'une ancienne chaufferie en cours de destruction. Son ombre fantomatique fascine les passants. Un homme esquisse un croquis sur un carnet. Construite à la fin des années soixante, la chaufferie agonise dans une beauté renversante. Mis à part le centre du même nom, que reste-t'il des années Pompidou? Quelques talons aiguilles de créateurs et des monstres de métal en perdition, sans doute.
mardi 15 novembre 2011
Miss Bellecour et la rivière
mardi 8 novembre 2011
Le rapt de Ganymède
Octobre me manque. Il faisait beau. C'était l'été Indien. Nous voici dans une toute autre configuration. Changement d'heure, nuit à dix-sept heures. Angoisse naissante. Alors que Novembre avance, gris et brumeux, je me rappelle mes ballades le long des quais de Saône, sous le soleil doré. Souvenir de lumière en ces temps obscurs. Je repense à cette peinture étrange, nichée dans la pierre. Bien plus qu'un Tag, la représentation d'un grand oiseau et d'un jeune homme en suspension. J'ai tout d'abord pensé à un Phénix. Mais qui est le garçon alors? Et que fait-il agrippé aux pattes du vertébré à plumes? Un aigle enlevant un jeune homme : la représentation du mythe de Ganymède. Sans aucun doute. Ce Prince Troyen était réputé pour être le plus beau des mortels. Lorsque Zeus l'aperçut faisant paître son troupeau, il se transforma en aigle pour le capturer, en fit son amant et l'échanson des Dieux. Zeus et Ganymède. L'archétype du couple Gay de la Grèce Antique. Un bout de légende peint, au 21ème siècle, dans une ville d'Europe. Un signe, un présage? Alors qu'Athènes semble devenir l'épicentre d'un séisme auquel plus personne ne comprend rien, Ganymède et Zeus filent le parfait amour sur les pierres d'un mur de Lyon. Le soleil de Grèce en automne, décidémment, ça a du bon.
mardi 25 octobre 2011
Balmain et des poussières
J'ai eu 40 ans le 16 octobre 2011. Et j'ai décidé de ne pas en faire tout un fromage. J'ai songé pendant un temps mentir sur mon âge, 37 ans me paraissant plus convenir à mon aspect physique. J'ai changé mes différents profils sur Internet en me faisant gagner quelques années. Perte de temps inutile. Qui se soucie d'un profil parmi des millions. Et puis Internet n'a rien à voir là-dedans. Je ne vais pas faire comme Amanda Lear, porter plainte contre Wikipédia pour avoir publié ma date de naissance. 40 ans c'est queue dalle. Je n'ai ni envie d'assumer ni envie de fanfaronner. Assumer son âge ça ne veut rien dire. Je ne suis pas Georges Clooney et je n'ai pas la prétention d'être ce que tout le monde appelle un "homme mûr". Ce sont les fruits qui sont mûrs, pas les humains. Quand on a 40 ans, on a droit à un ensemble de phrases toutes faites du genre : "40 ans ça se fête" ou bien "40 c'est le bel âge". Mon préféré : "40 c'est la moitié de ta vie". Comme si tout le monde vivait jusqu'à 80 ans! Bref, je vais vous dire ce que j'en pense de mes 40 ans : je n'en pense rien. Je m'en moque. Je ne me sens ni plus ni moins heureux qu'à 39 ans. Je ne me suis pas transformé en crapaud dans d'horribles spasmes. On a tort de donner de l'importance à ce qui ne reste qu'un jeu de chiffres. Ce n'est pas le kilométrage au compteur qui est important ni même l'état du véhicule. C'est la route. Samedi soir, j'étais invité à dîner chez Damien et Romain. Ce ne devait être qu'un simple dîner. En fait, tous mes amis s'étaient réunis pour me faire une soirée surprise en m'attendant cachés derrière la porte. On a bu du Champagne, beaucoup de Champagne. J'ai eu un beau cadeau : un somptueux article de maroquinerie Balmain, ma griffe favorite. J'ai été très gâté, même si je ne sais pas si je le mérite vraiment. Nous n'étions pas le 16 mais le 22 octobre. Preuve qu'une date anniversaire ça peut se changer. 2011 année zéro? Désormais, si on me demande mon âge je répondrai : j'ai Balmain et des poussières...
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